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Le veillissement – Réflexions sur la Journée des savoirs ouverts (15 octobre 2026)

« La Journée des savoirs ouverts 2026 rassemblera des participant·es aux horizons varié·es autour des thématiques liées à la collaboration ouverte et à la mobilisation des savoirs pour une société plus collaborative et ouverte.

Il s’agit d’un événement conçu pour favoriser les échanges, les maillages et le croisement de perspectives entre les personnes et les organisations engagées pour la transformation sociale, sous l’angle de la collaboration, de la documentation et de l’accès aux savoirs utiles sur le terrain.  » Lien

Cette rencontre a été particulièrement stimulante. Non pas tant pour discuter du SAVOIR, mais bien des savoirs.

Ateliers : Quelle importance accordons-nous au savoir des aînés ?

Premier constat : selon les codes de notre société, j’étais le seul participant masculin et aîné (j’ai 71 ans) de notre groupe. À mon âge, les sujets qui résonnent le plus en moi sont la sagesse, le vieillissement et la transmission intergénérationnelle.

Les personnes âgées sont-elles sages ? C’est une étiquette lourde qui peut faire peser une pression indue sur les épaules des aîné·es. Je préfère dire que la société leur doit le respect et la reconnaissance, tout en rappelant que la sagesse n’est pas universelle : nous ne sommes pas tous et toutes sages. Nous avons tous et toutes des acquis et des valeurs à partager, peu importe l’âge. Mais les écoutons-nous vraiment ?

Cela me ramène aux débuts de ma carrière d’intervenant en CLSC. Le premier mandat qu’on m’avait confié concernait les personnes âgées, et j’avais un réel besoin de comprendre cette réalité. J’ai alors lu l’ouvrage Le Vieillissement, de Brian L. Mishara et Michel Émond, dont la formule résume tout :

« On vieillit comme on a vécu. »

Cette idée repose sur deux piliers :

“La continuité du parcours de vie : Le vieillissement n’est ni une rupture soudaine ni une transformation radicale de la personnalité. C’est la continuité des modes de vie, des stratégies d’adaptation (coping), des valeurs et des traits de caractère développés tout au long de l’existence.

L’adaptation aux pertes et aux changements : La manière dont une personne fait face aux défis de l’avancée en âge — la retraite, l’évolution de la santé, la perte de proches — reflète la façon dont elle a traversé les épreuves et les transitions aux étapes précédentes de sa vie.”

Cette formule m’habite encore plus aujourd’hui.

Qu’en est-il, ensuite, de l’intergénérationnel ? Je constate qu’on limite trop souvent ce concept aux liens unissant les enfants, les jeunes et les aînés. C’est un piège. Je pense que chaque individu a une place égale dans la société, doté de son propre savoir et de sa contribution spécifique. Je me souviens d’une expression de mon père, travailleur d’usine avec une 3e année : « Les grosses compagnies, ça n’a pas d’âme. » Je regrette aujourd’hui de ne pas avoir pris le temps de discuter avec lui de ce qu’il voulait vraiment dire.

Lorsque je vais à l’épicerie du coin, je remarque que le personnel qui garnit les tablettes est de tous les âges : jeunes, adultes, aîné·es. C’est un véritable lieu intergénérationnel en milieu de travail. En interrogeant certaines personnes âgées sur leurs motivations à travailler, j’ai bien sûr entendu des considérations financières, mais plusieurs m’ont simplement répondu : « Je m’ennuie à la maison. »

Pourquoi, de mon côté, est-ce que je continue à m’engager bénévolement dans des organismes communautaires ? Tout simplement parce que j’aime rencontrer des gens autour de projets communs et réfléchir avec eux sur leur vision du monde. Pourquoi me couperais-je d’une source de vie aussi riche ?

Reste la question du savoir.

Nous avons tous et toutes besoin de nous exprimer, de partager nos valeurs. Certains le font à travers des activités ludiques, d’autres en créant des espaces de réflexion, en s’impliquant dans des projets de protection de l’environnement, dans l’entraide ou par le biais de la culture.

Un texte à venir :  Que faire avec les bases de connaissances.

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